Cuba

Notre taxi arrive, une superbe Lada vert pomme, pour nous emmener à la ville de Holguin où nous prendrons le bus de nuit pour la Havane.Depuis la marina nous n’avions vu passer que les bus flambants neufs amener les touristes pour des sorties en mer à la journée sur des catas « rôtissoires » (cf la couleur des touristes après avoir passé la journée dans les trampos)… mais dès que l’on emprunte la route, c’est un voyage dans le temps, avec les voitures américaines des années 50, des charrettes, des chevaux…
Après les 12h de bus de nuit, nous trouvons une « casa particular » (logement chez l’habitant), et retrouvons nos amis Alain et Béa arrivés par avion. Quelques journées à déambuler dans la Havane, musée de la révolution, musée des Beaux Arts, callejon de Hammel, une rue où des artistes ont réalisés fresques et sculptures en tout genre, et où les cubains se retrouvent le dimanche pour danser la salsa, génial ! Nous nous régalons de cette atmosphère, maisons colorées, architecture coloniale, voitures américaines, charmantes places et musique à chaque coin de rue, avec le sentiment ici à la Havane d’être dans une période charnière de l’histoire, transition… les américaines sont en grandes partie converties en taxi pour touristes et tout cela pourrait vite virer au folklore.
Nous marchons 1h pour nous éloigner du centre et visiter une fabrique de cigares. Balade enrichissante car nous sortons des quartiers touristiques, mais déception à l’arrivée, on ne vend pas les tickets sur place, il faut retourner les acheter dans l’un des grands hôtels du centre ville, pas simple encore le tourisme ici, nous jetons l’éponge !
Nous prenons ensuite notre voiture de location pour rejoindre la vallée de Vinales à l’ouest de Cuba. Ici, pas de numéro de route et pas de panneaux… au bout de quelques jours les enfants nous font remarquer qu’il y a une boussole intégrée au rétroviseur central, précieuse alliée pour la suite. Petit clin d’oeil, alors que nous naviguons en mer avec des cartos électroniques et GPS traceurs hyper précis, nous nous retrouvons à ‘naviguer’ dans Cuba « à l’estime », comme on le faisait en mer avant le GPS.
Sur l’autoroute, toujours charrettes, vélos à contre sens, on s’arrête pour laisser traverser un troupeau de vaches. Des vendeurs en bord de route proposent des fromages, des pâtes de goyave et même des poulets rôtis.

Un pseudo agent se met en milieu de route pour nous arrêter, sort un badge expliquant qu’il est un représentant de l’état, que son ami à côté vient de rater le bus pour aller travailler et que nous devons l’emmener … cela est un peu gros et nous prétextons un détour par les petites routes de montagne pour ne pas prendre de passager.
Sortis de l’autoroute nous demandons notre chemin à des papis à cigare aux yeux rieurs, c’est toujours un bon moment d’échanger quelques mots d’espagnol avec eux.

A Vinales nous faisons une belle rando dans les plants de tabac au pied des mogotes (massif calcaires), puis montons sur l’un avec une belle vue sur la vallée. Nous nous arrêtons à une ferme où ils nous préparent un jus de canne à sucre tout frais.

Nous retrouvons le soir les batocopains Mimosa et Seaview qui font le même itinéraire avec 2 jours de décalage, un dernier resto tous ensemble, on joue les prolongations … mais cette fois c’est bien la dernière pour les 3 familles, émotions, nous arriverons avec un peu de chance à recroiser l’un ou l’autre séparément.

Nous poursuivons notre route vers la baie des cochons, lieu mémorable de débarquement des contre révolutionnaires en 1961, mais aussi baie entourée de belles plages, avec des casa particular les pieds dans le sable, où on se régale de langoustes (tout en se faisant dévorer par les mout’ mou’, minuscules moustiques), puis Trinidad jolie ville longtemps coupée du reste du pays, qui a gardé son charme, maisons colorées et fers forgés. Nous savourons la musique cubaine à chaque coin de rue. Nous visitons le musée des ‘brigandes’ (contre révolutionnaires), intéressant, mais bien sûr que de propagande, l’histoire ici semble se limiter aux années 59 à 63… et chaque ville a son parc Cespedes, et sa place Jose Marti, initiateurs de la révolution.

Un dernier crochet par Moron pour retrouver nos amis Géraldine et Henri de Calico Jack. Ici on sort vraiment des circuits touristiques, on mange pour 3 fois rien, et le premier resto où l’on va n’accepte même pas les CUC, monnaie des touristes.
A Cuba il y a le CUP, peso cubain, et le CUC, peso convertible, pour les touristes, avec un cours proche du dollar et de l’euro. 1 CUC = 24 CUP. Les CUP sont en principe interdits aux touristes, et si à la marina on nous a gentiment expliqué que ce n’était qu’une question de taux de change, que les touristes ne payaient pas plus cher, on a vite vu en sortant des circuits touristiques que le café passait de 1 CUC à 1 CUP 24 fois moins cher, et la langouste de 12 CUC à 60 CUP, 5 fois moins chère !!! Le carburant aussi est plus cher pour les touristes que pour les cubains, tout cela finit par être assez agaçant. L’économie du tourisme s’est développée sur le pouvoir d’achat des touristes, ainsi les gens qui ouvrent des casa particular gagnent en louant leur chambre une nuit, l’équivalent d’un mois de salaires. Ainsi magistrats et médecins en arrivent à se reconvertir chambre d’hôte ou chauffeur de taxi, bien plus lucratifs …
Ici quasiment pas de voitures non plus, même plus de belles américaines, les gens circulent en calèche, voiturette à pédales ou autobus.

Nous retournons passer 2 nuits au bateau, pas si simple ici d’accueillir des amis à bord,vérification des papiers et des bagages, paiement d’une taxe d’entrée et sortie …quelques formulaires de plus à remplir. Nous ne sommes pas gâtés pour notre retour à bord, nous arrivons sous un grain énorme, puis nous faisons dévorer par le mout’ mout’, la soirée et le matin dès les premières lueurs du jour, à devenir fous !

Il nous reste à faire notre sortie du pays et préparer la navigation vers les Bahamas. Nous rencontrons David et Nathalie, à bord de Cheval, un outremer 50, ils habitent en Floride et connaissent très bien les Bahamas, il nous donnent de précieux conseils sur les route et passages possibles pour rejoindre Georgetown à temps, où nous avons rendez vous avec mon frère et sa famille.

Nous souhaitons partir de très bonne heure le matin, pour être à temps à Georgetown. Le jour de notre arrivée nous avons vu des bateaux attendre longuement leurs papiers et même devoir rester une nuit supplémentaire faut d’avoir récupérer leurs passe ports. Aussi nous faisons notre clearance de sortie la veille en début d’âpre midi, en pensant aller ensuite au mouillage et partir au petit matin un peu comme nous étions arrivés. Mais l’état cubain a tellement peur que des cubains s’enfuient à bord des bateaux qu’à partir du moment où la sortie est faite et le bateau inspecté (nouveau passage du chien), nous devons impérativement quitter les lieux. on nous laisse juste le temps de faire l’intervention prévue (remplacement des joints du safran), et nous prenons le chenal à la tombée de la nuit, surveillés jusqu’à la sortie … Bien déçus de ne pas voir Seaview qui vient de rentrer à la marina, mais plutôt heureux de quitter le cadre étouffant de la marina, où le personnel pose même des scellés chaque soir sur les portes du bureau et de la boutique ! En 2 semaines nous n’avons qu’un aperçu de toute les difficultés auxquelles se confronte le peuple cubain, mais nous ressentons une fois hors du chenal un sentiment de liberté incroyable, et repensons à cet employé d’hôtel qui nous expliquait s’être engagé dans la marine pour avoir la possibilité de voir à quoi ressemblait son île vue de l’extérieur ….

5 réflexions sur “Cuba

  1. Les aléas de l’histoire font que le parc automobile cubain est unique au monde… donc convoité par les collectionneurs de tous pays. Il faut espérer que les Cubains, qui peuvent avoir envie de véhicules modernes, ne se fassent pas gruger, qu’ils ne vendent ces voitures que s’ils le veulent, et au juste prix.

    Je parle d’expérience, en voyant sur les vide-grenier comment des « richous » viennent plumer des gens simples ignorant la valeur de ce qu’ils vendent.

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  2. Salut la famille,
    j’espère que vous allez bien?
    j’ai très envie de vous voir ! Vous avez sacrément changé depuis l’île de Ré!
    Vous savez où vous allez vous installer la rentrée prochaine?
    On suit le blog de près et on se régale de photo: que vous êtes beaux!!!
    Gros Bisous et surtout à Noémie, Camille et Simon!
    LUCIA

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  3. Merci pour la superbe vidéo précédente, et les commentaires hyper intéressants sur Cuba de ce mail avec magnifiques photos, découvertes qui valent tous les livres d’histoire et de géographie, et qui au moins laisseront leurs empreintes. Merci pour tout ce partage, j’ai toujours hâte de vous suivre. Bonne continuation.

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  4. Un petit coucou de valence où la belle saison s’installe enfin! Mais vous n’êtes pas en manque de soleil vous!!!
    Cela faisait un moment que l’on ne s’était pas connectés pour vous lire et ça nous manquait! Comment allons-nous faire l’an prochain sans ce moment d’ évasion? Il vous faut repartir… ou ne pas rentrer du tout et continuer d’explorer les mers du globe!
    Continuez bien et profitez à fond, le temps file vite!
    Gros gros bisous à tous les 5 de toute la famille Rousseau

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