Arrêt au stand en Martinique

Une petite fissure sur une chape de hauban (*), une petite fuite sur un vérin de barre, une anode desserrée et antifouling (**) en bout de course qui nous oblige à frotter les coques plusieurs fois par semaine …. voilà un tas de petites choses qui nous poussent à faire un arrêt au stand au port du Marin en mettant le bateau au sec.

(*) cable qui tient le mât
(**) peinture qui empêche les algues et les coquillages de se fixer sur la coque du bateau.

Pour les haubans, c’est une toute petite fissure (1mm de long), à l’extérieur de la pièce qui relie le hauban au mât … A Mindelo au Cap Vert, pas moyen d’intervenir, Valentin a juste percé pour arrêter la fissure. Maintenant, même si le risque est faible nous préférons remplacer la pièce en vue de la transat retour. La pièce étant sertie, il faut changer tout le hauban, et comme on doit changer les haubans par 2, on a gagné le droit de faire fabriquer 2 haubans neufs…. on cache notre joie !!
On fait cette opération au mouillage, le mat est sécurisé avec une drisse le temps de déposer le hauban (12 m de cable de 12mm de diamètre), avec l’aide de Julien, Valentin l’emmène chez Caraïbe gréement pour faire réaliser le hauban sur mesure, quelques heures après on le remet en place et on fait pareil de l’autre côté. Le fabricant étant super réactif, tout cela a pu se faire dans la journée.
Le lendemain c’est la sortie de l’eau, avec nos amis de Seaview, RDV à 8h pour eux, 15h pour nous… en théorie ! Finalement l’opération commence à 17h pour nous après une longue attente au ponton. Sortie avec un travelift, c’est une première pour nous, il faut se glisser dans l’encoche en béton qui ne parait pas bien large quand on se présente (surtout avec le vent de travers). Ensuite les sangles sont positionnées sous le bateau pour le hisser. Les ouvriers un peu pressés avec le jour qui tombe tentent de faire un peu vite en nous disant ‘c’est un bateau solide celui là, on connait’ …. oui, solide ou pas, on prend le temps de faire placer les sangles aux points d’appuis spécifiés par le constructeur en fonction de la structure du bateau … soit un bon mètre à coté !

Et voilà, nous descendons du bateau pendant que la grue le hisse …. pendu à ses 2 sangles, il faut faire confiance au matériel !

Pendant ce temps les filles ont retrouvé les copines de Seaview ainsi qu’une autre famille suisse allemande ( mise en pratique des cours d’anglais et d’allemand pour les filles ;)), le voilier Paloma, qui est là depuis quelques temps déjà. Les enfants ont déjà fait des plans pour pique niquer sur l’aire de carénage …. ok s’ils y tiennent, on fait un saut au carrefour juste à coté pour s’improviser un petit pique nique gourmand à bord de Seaview, avec un vrai bleu d’Auvergne et de la Hagen Dasz 🙂 !

Le timing est tendu, Valentin démonte les vérins de nuit pour les emmener dès le lendemain en révision, pendant que je passe les coques au karscher pour éliminer les algues et l’antifouling aux endroits où il craquelle.

Refaire l’antifouling aurait été trop simple, on a décider de remonter la ligne de flottaison, qui se trouve légèrement sous l’eau, avec du coup des algues qui s’accrochent sur le gelcoat, pas bon du tout !
l’air de rien, remonter l’antifouling de 5 cm, ça parait simple, mais il faut d’abord décoller les bandes décoratives des 2 côtés de la coque, puis poncer pour enlever les marques de la bande adhésive, puis mettre un scotch de masquage et poncer pour faire une accroche sur le gelcoat, puis enlever et remettre les 60 m de scotch et attaquer la peinture, primaire puis antifouling, yes !
De son côté Valentin entreprend de réparer de vieux impacts sur les jupes à l’arrière du bateau (ça c’était dans la liste des choses qu’on n’avait pas réussi à faire avant de partir, mais qui nécessitent maintenant d’être prises en charge) : meule les fibres de verre abimées, refait de la strat, puis meule et ponce tout ça pour refaire une forme propre et enfin le gelcoat de finition.

Ainsi on retrouve les joies du chantier … les outils qui manquent, Valentin part à la quête d’une ponceuse orbitale… sans voiture, jamais simple. Il trouve enfin, on poursuit le boulot, ponceuse pour moi, disqueuse pour Valentin …. et la fidèle disqueuse qui lâche …. et hop un nouveau tour des magasins de bricolage pour Valentin, histoire de gagner du temps ! et comme un bonheur n’arrive jamais seul … le bureau du port nous appelle, nous devions remettre à l’eau le lundi à 15h, mais c’est carnaval, alors finalement ils viennent de décider de ne pas travailler lundi après midi, et avancent toutes les mises à l’eau au matin de bonne heure, ou sinon ça reporte au jeudi suivant, on ne rigole pas avec le carnaval ici ! il va falloir carburer …. en plein soleil en combi de cosmonaute, on se liquéfie, alors la pause du midi au Mac Do avec clim (et wifi) est la bienvenue !

Les enfants passent de super moments avec les autres enfants du terre plain, légos à bord de Seaview, cerceaux, skate et trottinette avec Paloma, pour eux c’est l’éclate … petit coup de blues quand les copains de Seaview remettent à l’eau le vendredi matin.

Un peu de CNED quand même, on essaie de profiter du wifi proche pour rattraper un peu de retard en espagnol.

Petit coup de stress le samedi après midi avec une coupure générale d’électricité de plusieurs heures alors qu’on est en plein ponçage …on arrive à poursuivre sur nos batteries toutes neuves.
Tels des archéologues on retrouve en ponçant les différentes couches, camaïeu de bleus, tiens, même du rouge … et puis tiens, une autre limite plus basse, ce n’est pas la première fois que la ligne de flottaison est remontée, maladie des bateaux de voyage qui une fois bien chargés s’enfoncent dans l’eau un peu plus que prévu …

Dernière étape de ponçage le dimanche matin, on attaque de plus en plus tôt chaque jour pour échapper à la chaleur et réussir à boucler pour la mise à l’eau. Il nous faut passer le primaire avant la pause de midi pour pouvoir enchainer les couches. C’est tendu mais ça passe … par contre en début d’après midi un grain met à l’eau nos espoirs de terminer le soir même. Nous attendons que la pluie cesse, essuyons au max pour accélérer le séchage, et pouvons enfin attaquer la première couche d’antifouling, à 3 rouleaux, Noémie et Simon m’aident pendant que Valentin s’occupe des saildrive et des vérins à remonter. On termine juste avant la nuit, et on reprend à 6h le lendemain pour que la seconde couche aie le temps de sécher avant la manutention, Noémie et Simon sont de la partie pour nous aider.

Juste le temps de faire un nettoyage rapide … et pourtant après ces 3 jours de ponçage le pont est noir pire qu’à Dakar, et voilà la grue, fin des opérations !!!! enfin pour aujourd’hui … car dans la liste il y a encore l’annexe qui fuit, dont on n’a pas eu le temps de s’occuper 😦

Une réflexion sur “Arrêt au stand en Martinique

  1. quel boulot ! bravo aux enfants qui mettent la main à la pâte ! chapeau pour votre volonté et votre aptitude à relativiser les problèmes,
    il faut dire que de tels paysages, ça aide ! bonne continuation avec le moins d’encombres possibles

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