Traversée vers Rabat

180 miles, la moitié du Golfe de Gascogne, une bonne journée de nav, rien de terrible et pourtant un peu d’émotion à l’idée de changer de continent, d’arriver en Afrique, passer devant Gibraltar, et retrouver le Maroc que nous avions visité il y a « quelques » années.

La météo prévoit 15 Nds de vent, molissant à 10 dans la soirée, et 1m de houle, conditions à priori tranquilles. Nous quittons la lagune d’Olhao/Faro en fin d’après-midi, dans un vent très léger, qui permet tout juste d’être à la voile. Nous attendons un peu et décidons d’hisser le gennaker pour gagner en vitesse et éviter une arrivée de nuit à Rabat. Grand classique, le temps de le hisser, le vent monte, variante du jour, il se prend dans une poche de toile à contre …. et c’est un affalage en catastrophe. Le vent continue à monter, finalement jusqu’à 25 Nds. La houle est comme annoncée, 1m de haut, et une période de 4s, ce qui est très court, et assez désagréable car elle arrive pile de coté (pour schématiser, chaque coque, alternativement, toutes les 2 s , se retrouve en haut puis en bas de la vague, ça fait un bon shaker …. de ma couchette je peux compter 1,2,3 4 …hopla …1,2,3,4…). Impossible de se tenir debout ou se déplacer dans le bateau sans se tenir, nouvelles sensations ! Le repas est assez vite expédié, avec une veille vigilante, car nous avançons maintenant très vite. Cela nous permet de prendre un peu d’avance sur la route pour arriver de jour à Rabat.
Nous veillons tous les 2 en guettant la baisse de vent, prévue vers 22h et finalement prenons un ris à minuit car le vent est toujours aussi fort, le bateau avance dans la nuit entre 12 et 14 noeuds avec cette houle courte qui nous secoue, je ne me sens pas de prendre un quart toute seule comme ça. Le ris pris, l’allure est plus confortable et nous somme plus sereins pour aller dormir à tour de rôle.

De nuit nous croisons les cargos qui sortent de Gibraltar, l’AIS est un allié précieux pour les voir arriver de loin et anticiper leur trajectoire. Certains changeront de cap pour nous éviter, il est bon d’être vus aussi !

La baisse de vent aura lieu vers 5h du matin, avec de jour des conditions un peu trop calmes …. idéales pour la pêche … mais toujours bredouilles !

Fin de journée au moteur, nous arrivons à Rabat au coucher du soleil. Il faut appeler le port pour qu’un pilote vienne nous guider dans la rivière Bouregreg. Premier appel à quelques miles du port, « ok rappelez nous quand vous êtes entre les digues » nous avançons jusqu’aux digues, la nuit est tombée et c’est très inconfortable, nous n’y voyons pas grand chose, la houle est forte entre les digues (l’accès à ce port est d’ailleurs fermé dès que la houle au large atteint 2m, on comprend pourquoi), l’attente du pilote nous parait longue. Finalement le petit bateau arrive et nous indique le chemin, heureusement, car sur toutes nos cartos numériques, nous passons sur les rochers, et certaines roches sont très peu visibles dans le noir.
Nous arrivons enfin au ponton d’attente, Noémie repère Mimosa sur l’AIS, un autre outremer 45, nous avions rencontré Valérie et Blaise, ses propriétaires lors d’une réunion Voiles sans Frontières.
Il est 21h passées, mais il faut accomplir le démarches d’entrée dans le pays avant de prendre notre place en marina, ils arrivent à 5 : police, douane, brigade cynophile (sans chien), pour une fouille du bateau et le remplissage de toute une série de formulaires., Aie, après 2 jours de traversée, on aimerait avoir le temps de remettre un peu en ordre (ou de faire à diner !), et surtout quand on connait la largeur des coques, se balader avec 3 agents qui fouillent sous les matelas, dans le frigo, dans les placards…. ce n’est pas le plus agréable !

Nous prenons enfin notre place au ponton, à coté de Mimosa et Twixx, un lagoon qui était au mouillage à coté d nous à Portimao. 3 bateaux ‘habités’ dans cette petite marina, et un pilote 24h/24 pour assurer les entrées, sorties, un vigile en bout de ponton pour interdire l’accès aux extérieurs….. que de moyens ! (et pour le tarif le plus bas qu’on aie eu depuis le début du voyage).

8 réflexions sur “Traversée vers Rabat

  1. Faut avoir le cœur bien accroché pour vous suivre ! Siminoe se serait scindé en 2 groupes ou … ? Noémie a fini de visiter Rabat, Marrakech, Ouarzazate, Merzouga et Fes, alors que vous venez tout juste d’accoster (péniblement, en plus !) à Rabat…

    Blague à part, les photos et vidéos sont top, comme d’hab…

    Aimé par 1 personne

    1. C’est pour vérifier si vous suivez bien 🙂 !!! en tout cas ça merci pour les petits messages,ça fait toujours plaisir !!! J’espère que la rentrée se passe nickel pour vous… et que le déménagement se prépare pour bientôt . Bises

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  2. Aïe, aïe, je vais me faire corriger par Noémie : on écrit tu laisses avec un s, alors quoi ! J’aurais besoin du CNED moi aussi. Gros bisous à tous et toutes, c’est super de pouvoir vous suivre comme ça.

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